Article du 24/01/2010 à 18:13
Arras : Yannick, footballeur de 17 ans, est mort foudroyé par une crise cardiaque sur le terrain
Yannick était lycéen au Lycée Saint-Charles, il était hébergé par son oncle et sa tante à Sainte Catherine-les-Arras.
Dimanche 24 janvier, Yannick Dago Nodji, 17 ans, a été probablement victime d'un malaise cardiaque. Le jeune homme est décédé sur le terrain du stade Degouve lors d'un match amical.

Yannick Dago-Nodji, athlétique milieu de terrain de 1m90, avait 17 ans. Le football était sa passion. Mais il est tombé sans jamais se relever. Pourtant, le garçon semblait en parfaite santé puisqu'il avait eu l'autorisation de pratiquer le sport à l'école malgré un souffle au coeur. Le jeune homme avait d'ailleurs fait des tests à l'effort jugés satisfaisants.
Ce dimanche, il jouait un match amical face à Anzin-Saint-Aubin avec les moins de 19 ans de l'équipe d'Arras FA qu'il avait rejoint. Peu après le début du match, il s'écroulait sur la pelouse devant ses coéquipiers.

Le coach d'Anzin intervient

Rapidement, le coach de l'équipe adverse prodiguait les premiers soins (ndlr: il s'agit d'un ancien sapeur-pompier). Malgré les secours immédiats portés par le coach mais aussi les pompiers arrivés sur place et une heure de tentative de réanimation, le joueur est décédé en fin de matinée. Yannick était arrivé dans l'Arrageois en début de saison comme le confirme le vice-président du club Jean Deneuville qui était présent ce matin-là. «Il venait de Nancy mais sa famille est restée au Cameroun. Il était venu naturellement au club avant de partir à l'ASPTT car il y connaissait des gens, nous l'avions libéré».

La police enquête

Après quelques mois, il avait décidé de revenir au Arras FA.  «Cela ne s'était pas passé comme il le voulait et la personne qui s'occupait de lui pour le foot était repartie en Afrique, il avait demandé à revenir, on avait donc fait une demande en ce sens à la Ligue» explique le vice-président d'Arras qui confirme aussi le traumatisme vécu «par les jeunes et l'entraîneur  Dominique Schultz qui est effondré».
Désormais, ce sont les enquêteurs de la police qui vont prendre l'affaire en charge : «C'est un parcours compliqué, sa licence était effective depuis vendredi soir». Jean Deneuville mesure les développements ultérieurs de cet accident : «Nous sommes plus qu'inquiets. Je ne peux pas vous dire la suite, même si je sais que des personnes sont déjà convoquées au commissariat. J'attends d'ailleurs d'y être convoqué avec le Président pour m'expliquer. Aujourd'hui nous allons rencontrer la famille d'accueil de Yannick qui vit à Sainte-Catherine». Le club estime être en règle vis-à-vis des instances.
Pour l'instant, le club échange avec le maire de Sainte-Catherine, lieu de résidence du joueur. Il était hébergé par un oncle et sa tante. La police essayera d'éclaircir les circonstances du drame. Le parquet doit d'ailleurs se prononcer sur le besoin éventuel de pratiquer ou non une autopsie pour déterminer les causes même si la piste de l'arrêt cardiaque est privilégiée. Ses proches sont suspendues à cette décision pour pouvoir ensuite procéder aux funérailles avant que le corps ne soit rapatrié au Cameroun où résident toujours ses parents.
Les jeunes joueurs du club, présents lors du drame, ont tout de suite été pris en charge par une cellule psychologique de la Communauté Urbaine d'Arras.

Pour lui rendre hommage, un groupe facebook a  été créé, il comptait déjà plus de 860 membres, en début de semaine.

Réaction d'Annie Lobbedez
«Je suis bouleversée»
- Adjointe en charge des sports à Arras, Annie Lobbedez est arrivée très vite sur les lieux dimanche matin, elle s'est montrée émue par le drame. «Je suis bouleversée par ce qui s'est passé, il s'est effondré sur le terrain, c'est un drame pour l'équipe, les joueurs et la famille, la famille est effondrée, les parents vivaient au Cameroun. C'est une situation très pesante, je suis très attristée, j'ai demandé à ce que nous respections une minute de silence lors du conseil municipal. C'est épouvantable, j'ai vu les jeunes dans le vestiaire, ils étaient effondrés, traumatisés. Heureusement, la Communauté Urbaine a mis en place très vite une cellule psychologique. Dès 14h, elle était en place et permettra aux jeunes qui en ont envie de parler, de s'exprimer.»

Cellule psychologique
Une grande réactivité
- Sophie Dubois, qui travaille au sein du service prévention de la Communauté Urbaine, a expliqué le cheminement des décisions qui ont conduit à la rapide mise en place d'une unité psychologique « Chaque week-end, un élu est d'astreinte s'il se passe quelque chose sur le territoire. Selon les nécessités, il prévient les élus pour répercuter l'information ». Annie Lobbedez prévenue, les secours constatent que tout un groupe a été traumatisé. « La CUA a alors appelé le docteur de garde en psychiatrie. Il y a eu une grosse réactivité puisqu'à 14h, l'unité était en place à la salle Tetelin. Il y avait une nécessité d'intervenir sur ce public qui a assisté à un choc, il faut pouvoir mettre des mots et assurer un accompagnement ». L'unité psychologique sera encore disponible pour ceux qui le souhaitent « aussi longtemps que nécessaire ». Lundi soir, 35 personnes en avaient déjà bénéficié.

A lire également:
- La marche blanche en hommage à Yannick.


Article rédigé par :
Stéphane Dendauw

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