Arras : Près de 1900 visiteurs sur le chantier des fouilles
Samedi 24 et dimanche 25 juillet, c'était l'effervescence, en plein centre ville. L'Office de Tourisme d'Arras et le Service archéologique de la ville ouvraient le chantier de fouilles au public.
Attroupements bien inhabituels, samedi et dimanche derniers, place des Héros. Des vagues successives d'une vingtaine de personnes, des groupes religieusement attentifs aux propos d'un guide conférencier... De l'inédit, en plein coeur d'Arras ! Le chantier des fouilles a ouvert ses portes au public, le temps d'un week-end, 1875 curieux ont sauté sur l'occasion !
Au bout de 25 minutes de visites gratuites, plus question de voir la petite place du même oeil. La chapelle de la Sainte-Chandelle, la Maison Rouge, les hobettes, ces petites cellules marchandes : la trace de ces vestiges hérités du Moyen-Age fait fonctionner l'imagination. Certains lèvent les yeux au ciel, en pensant à la «pyramide», sorte de clocher. «De 30 mètres de haut», précise Laurence Mortier, l'une des quatre guides conférenciers de l'Office du Tourisme d'Arras. Au sol, se dessinent précisément les dimensions de la chapelle, avec sa rotonde, sa flèche et sa conciergerie.
«ça aurait été dommage de passer à côté !»
«D'après les illustrations, je voyais ça plus grand !», lance une visiteuse. Quatre mètres sur quatre pour la Sainte-Chandelle : à l'évocation de ces simples mesures, se cache la richesse de la découverte. Car c'était la première fois que l'on mettait la main sur les fondations de l'édifice, enfouies sous le sable et recouvertes de pavés. «Alors qu'elles n'étaient qu'à 30 centimètres de profondeur.»
A la chaîne, Laurence Mortier a répété avec cette même passion l'histoire de la place médiévale, insistant sur les découvertes faites par le service archéologique de la ville. L'histoire de la Chandelle miraculeuse, ce cierge qui guérissait du mal des Ardents. L'élévation d'une flèche au 13è siècle, devenue lieu de dévotion. Puis les phases successives de construction de la chapelle, aux 15è et 16è siècles, avant sa démolition à l'époque de la Révolution.
Plus loin, les visiteurs ont pu prendre de la hauteur, en accédant à l'estrade spécialement aménagée pour l'occasion. Au sol, bien distinctes, les hobettes. Dans ses cavités, les archéologues ont retrouvé divers objets datant du 15è siècle et témoignant d'une activité marchande (pièces de monnaie, objets de mercerie, etc.) Enfin, à l'extrémité du chantier, se trouve la trace de la Maison Rouge, maison de justice de l'époque.
«C'est vraiment très intéressant», confie ce visiteur, passionné d'archéologie. «D'une part, pour avoir pu mettre à jour ces vestiges. D'autre part, pour en avoir fait profiter le public !»
En fin de parcours, les discussions se sont poursuivies à l'hôtel de ville, devant une vitrine où étaient exposés les objets déterrés mis au jour. «C'est toute une partie ancienne d'Arras qui émerge ! Je savais que ces édifices existaient sur la place. Mais de là à les situer...» «J'avais une vague idée de la Sainte-Chandelle», ajoute cet autre féru d'histoire. «La chapelle est représentée sur de vieilles cartes postales de ma collection. Je suis enchanté par tous les renseignements que j'ai eus aujourd'hui. J'étais déjà venu ce matin, seul. Cet après-midi, je suis revenu avec mon épouse. ça aurait été dommage de passer à côté !»
En effet, la visite était d'autant plus prisée qu'elle était éphémère. Une fois les fouilles achevées, le chantier, protégé, sera recouvert de pavé. Et les voitures auront repris leur droit, place des Héros.
Article rédigé par :
Cécile Vizier