L’atelier de Valérie Dehaine-Bécourt était tout juste prêt pour les Couleurs du Temps d'octobre 2007. Un joli châlet en bois a été installé dans son jardin. Entièrement aménagé à l’intérieur, il peut accueillir l’artiste au travail et surtout les visiteurs désireux de découvrir son œuvre.
«Avant mon atelier était dans ma maison», se souvient l’artiste-peintre. Peu pratique pour recevoir du public ou pour s’isoler du reste de la famille quand on travaille. Car pour Valérie Dehaine-Bécourt, la peinture est devenue une activité à plein temps. «Je suis officiellement artiste peintre depuis trois ans. C’est une activité qui prend plus de huit heures par jour.»
Elle était secrétaire auparavant et, un jour, elle s’est lancée dans la peinture. «Je suis totalement autodidacte. Je n’ai jamais pris de cours La première fois, j’ai peint pour m’amuser.» Bien entendu, Valérie Dehaine-Bécourt a un don pour le dessin depuis toute petite et remportait déjà des concours. Mais de là à devenir une professionnelle... «Je vis un véritable conte de fées. Je n’aurais jamais imaginé savoir faire cela et en arriver là. Avant, je ne fréquentais même pas les galeries et les expositions.»
Les premières œuvres sont réellement les plus difficiles. Surtout que l’autodidacte s’est d’abord attaqué à l’exigeante technique du trompe-l’œil, qui demande du temps et de la patience. «Il faut utiliser un pinceau très fin. Un tableau nécessite plus d’un mois de travail.»
Prédilection pour le trompe-l'oeil
L’artiste n’abandonne pourtant pas le trompe-l’œil qu’elle affectionne. Elle le détourne pour produire des œuvres très originales faites de volumes tantôt peints tantôt modelés. Deux thèmes sont actuellement exposés devant les murs blancs de sont nouvel atelier. La première série est qualifiée d’abstraite : des tableaux plus petits qui font la part belle aux fleurs et aux effets de matière. «Ces tableaux me demandent moins de temps. Je les réalise souvent sans modèle.»
La deuxième partie de la collection est plus «réaliste». Il s’agit de paysages marins vus de la plage ou de falaise dans lesquels on plonge avec délice. On toucherait presque les rochers savoir s’ils sont peints ou s’ils sont en relief. «Je suis souvent déçue par la lumière des photos de paysage.» Ses peintures restituent mieux ce qu’elle a réellement admiré et ressenti. Plus loin, sur le chevalet, deux tableaux inachevés préfigurent la prochaine série : les ruelles et leurs pavés.
Valérie Dehaine-Bécourt a l’habitude de dialoguer avec le public, avec les amateurs de ses propres œuvres. Elle expose très souvent dans la région (Bapaume, Arras, Le Touquet, Lens, etc.) mais aussi en dehors à Péronne et même à Paris. Un vrai lieu, un véritable atelier. Cela lui permet de peindre tout en accueillant des visiteurs et change sa façon de travailler. «C’est parfois difficile de vendre ses œuvres.» Quelle émotion de vendre une partie de soi-même... «Je fais aussi des portraits à la demande de certains clients.» Et là ce sont les clients qui ressentent une émotion très vive en prenant livraison de leur commande.