4 mois ferme pour avoir consommé et revendu des stupéfiants
Martiaux Fabrice, 36 ans, se présente à la barre du tribunal de grande instance d'Arras ce jeudi 28 janvier 2010 pour répondre d'une affaire de trafic de stupéfiants.
Né à Auchel, cet habitant de Dièval est arrêté le 22 octobre dernier en possession de 5 grammes d'héroïne. Cette fois on ne parlera pas de drogue douce mais bel et bien de drogue dure. Quelques jours auparavant deux individus sont appréhendés par les services de police en possession d'héroïne sur un parking non loin de la commune du prévenu.
Dans leurs auditions, ces derniers citent tout simplement le prénom de leur fournisseur : « Un certain Fabrice, toujours au volant d'une fourgonnette blanche... ». L'enquête aboutit rapidement au prévenu du jour. Celui-ci ne niera pas les faits. Il s'explique : « J'ai replongé en janvier. J'avais tout arrêté depuis 10 ans et puis les problèmes se sont accumulés et je n'ai pas supporté. » 10g, 25g par mois puis 2g par jour, les doses s'intensifient jusqu'à l'arrestation de monsieur. Au total, il aurait consommé près de 185g d'héroïne mais surtout aurait importé cette marchandise de Belgique. Au delà de ça, il aurait revendu à plusieurs reprises, en petite quantité, aux alentours de 18 grammes à trois clients différents. Au chômage, ce consommateur est aussi sous subutex « j'en prenais que lorsque je n'avais pas d'héroïne » mais précise qu'il a tout stoppé et est suivi par son médecin traitant. Il poursuit sa plaidoirie avant celle de son avocat : « Je sais que c'est de la merde et que j'ai fait une connerie. Aujourd'hui, je réalise ce que je risque de perdre : je risque de ne plus voir mon fils mais je compte entreprendre des démarches pour créer mon entreprise de vente de bonbons en portes à portes ».
C'est au tour de madame Mattioli de prendre la parole pour son réquisitoire : « Première chose, consommer c'est interdit. Mais revendre et proposer ce que l'on sait être un poison, c'est encore pire. De plus, en avoir conscience et distribuer cela... » Ainsi, le parquet entre en voie de condamnation et requiert 8 mois de prison ferme dont 4 assortis d'un sursis avec une mise à l'épreuve pendant deux ans et une obligation de soins et de travail. Son conseil, « pour mieux comprendre » retracera le parcours de son client. « 14 ans avec la même femme et cinq enfants à charge. Bon père de famille, sa compagne de l'époque le quitte du jour au lendemain, la maison vide de tous ses meubles. Ses enfants sont déjà grands et entretiennent de bonne relation avec lui. Quelques mois plus tard, son contrat de travail se termine et malgré ses démarches, il ne voit toujours pas son fils. S'en est trop, il replonge. Cet homme vous présente aujourd'hui des garanties de bon père de famille car il a désormais une nouvelle compagne et s'occupe également de ses 5 enfants. Tout se passe bien, il a pris la décision de se faire suivre et je ne pense pas que la prison ferme soit une bonne solution pour lui. »
Malgré ces explications, le tribunal correctionnel d'Arras, suivra les réquisitions du ministère public et entrera en voie de condamnation à l'encontre de Martiaux Fabrice pour la quatrième fois.