Interview : Vincent Ramard, directeur de Grimme SARL

Vincent Ramard ne nourrit pas d'inquiétudes pour 2009, «parce que 2008 a été une année exceptionnelle».
Comment le directeur de Grimme SARL appréhende-t-il l'année 2009 sur fond de crise ? L'homme se dit d'ores et déjà «plus inquiet pour 2010».
La pomme de terre et a fortiori la betterave n'échappent pas à la crise. Malgré des coûts de matières premières en hausse (acier et pétrole en tête) et des investissements réduits de 20%, Grimme n'appréhende pas vraiment la crise. Du moins dans l'immédiat.
- L'Obs. Comment s'annonce l'année 2009 pour Grimme SARL ?
- Vincent Ramard. «A court terme, je crois que l'on peut dire que nous avons eu une excellente année 2008. Les investissements seront réduits de 20% en 2009, mais ça restera une bonne année parce que 2008 a été une année exceptionnelle. J'ai un peu plus de craintes pour 2010.»
- L'Obs. Comment la crise financière influe-t-elle sur une entreprise comme Grimme ?
- V.R. «Nous sommes confrontés à une très forte hausse des matières premières, notamment l'acier et le pétrole. Elles ont pris + 10% en deux ans de temps ! Et nous sommes obligés de répercuter cette augmentation à notre clientèle, même s'il est évident que la situation ne sera pas évidente à gérer non plus pour nos clients.»
- L'Obs. La pomme de terre connaît donc la crise ?
- V.R. «Le marché de la pomme de terre n'est pas soumis à des quotas. C'est assez libre, contrairement à la betterave. Et ce marché connaît donc déjà des fluctuations importantes. On peut avoir de très bonnes années comme de très mauvaises. On est habitués à ça. Sur un marché international, on n'a pas les cartes en main. La rentabilité ne se calcule donc pas à deux ou trois ans mais au moins sur sept ans.»
- L'Obs. Comment faire face ?
- V.R. «Nous avons une gamme de machines très longue sur la pomme de terre. Grimme est leader mondial et français sur l'arracheuse. Et nous devons conserver notre rang. Par contre, sur les buteuses, les plantations ou le matériel de réception, on a encore des parts de marché à conquérir. Il y a du travail à faire, et ça peut aller à l'encontre de la crise.»
- L'Obs. Qu'en est-il de la betterave ?
- V.R. «2008 a été une année très difficile, surtout qu'on arrive sur le marché. Mais pour 2009, parce qu'on part de rien et qu'on a développé tout un programme de démonstrations, on pressent une évolution qui pourrait être positive. Nous avons vendu cinq machines sur 30 l'an dernier. Soit 15% de parts de marché. En pomme de terre, on est à 60%. Et Grimme n'a pas l'intention de se limiter à 15% !
Je ne dis pas que tout est rose. Le milieu de la betterave est morose. Franz Grimme croit en la betterave en France. On a ici des rendements élevés, une connaissance des produits et un taux de sucre important par rapport aux autres pays d'Europe. La France sera toujours un pays phare de la production de betteraves sucrières.»
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